Un assistant de direction gère l’agenda du dirigeant, ses mails, parfois ses accès bancaires. C’est exactement ce qui en fait une cible privilégiée pour les cybercriminels. La sécurité numérique n’est plus un sujet réservé au service informatique.
Même les administrations ne sont plus épargnées
Fin juin 2026, le site des impôts (DGFiP) a été victime d’un accès frauduleux à son système d’information. Bercy a confirmé l’intrusion en août, révélant l’extraction de données concernant des centaines de milliers de contribuables : identité, coordonnées, situation fiscale.
Quelques semaines plus tard, c’est le ministère de l’Éducation nationale qui annonçait à son tour une intrusion, cette fois via un compte professionnel compromis, touchant les données de personnels ayant exercé en académie depuis 2001. Il s’agissait déjà du troisième incident de cybersécurité rendu public par ce ministère depuis mars 2026.
Ces deux exemples montrent une chose simple : si des institutions publiques dotées de moyens informatiques importants peuvent être compromises, aucune entreprise, aucun poste, n’est à l’abri par défaut. Un assistant de direction, avec ses accès étendus et la confiance qu’on lui accorde, se trouve directement concerné.
Pourquoi l’assistant de direction est une cible de choix
L’assistant de direction a souvent accès à la messagerie du dirigeant, à des documents confidentiels, parfois à des outils de paiement ou de validation de virements. Cette position de confiance est précisément ce que cherchent à exploiter les attaquants.
La fraude au président en est l’illustration la plus connue. Un cybercriminel se fait passer pour le dirigeant, généralement par mail ou par téléphone, et demande en urgence un virement ou une information confidentielle à l’assistant. Le sentiment d’urgence et l’autorité perçue de l’expéditeur poussent à agir vite, sans vérifier.
Les réflexes à adopter au quotidien
Face à une demande inhabituelle, même si elle semble venir du dirigeant, le réflexe de base reste la vérification par un second canal : un appel direct, un message sur un outil interne, plutôt qu’une réponse au mail reçu.
Les impôts eux-mêmes le rappellent depuis leur cyberattaque : en cas de doute sur l’origine d’un message ou d’un appel, mieux vaut raccrocher et recontacter soi-même l’interlocuteur via ses coordonnées officielles connues à l’avance, plutôt que celles fournies dans le message suspect.
D’autres réflexes simples réduisent nettement le risque : des mots de passe différents pour chaque outil, la méfiance systématique face aux pièces jointes non attendues, et la prudence sur les réseaux Wi-Fi publics lors des déplacements professionnels.
Gérer les documents confidentiels sans faille
Les dossiers sensibles (contrats, données RH, informations financières) doivent être stockés et partagés avec la même rigueur qu’un dossier papier verrouillé. Cela suppose de connaître les outils de partage sécurisés utilisés par l’entreprise, de limiter les accès aux seules personnes concernées, et de supprimer correctement les documents qui n’ont plus lieu d’être conservés.
Savoir dire non, même sous pression
Le dernier réflexe est aussi le plus difficile : celui de résister à la pression d’une demande urgente, même si elle semble venir du dirigeant. Un assistant de direction bien formé sait qu’une vérification rapide ne remet pas en cause la confiance qu’on lui accorde. C’est au contraire ce qui la justifie.
Sources :
- Bercy / DGFiP, communiqué du 13 août 2026, relayé par franceinfo et Boursorama (14/08/2026)
- Ministère de l’Éducation nationale, communiqué officiel du 31 juillet 2026 (education.gouv.fr)
