Une étude REJOLT / Peclers Paris, menée en 2025 auprès d’un panel représentatif de plus de 500 salariés, apporte des chiffres utiles pour qui prépare un événement interne : 48 % des répondants souhaitent des événements plus humains, moins « top-down« . C’est une donnée qui devrait peser autant que le budget ou le rétroplanning au moment de cadrer un événement — car un événement bien organisé sur le plan logistique peut malgré tout manquer sa cible si son contenu ne correspond pas à ce que les participants viennent y chercher.
Le contenu compte plus que le prestige
Le chiffre le plus parlant de l’étude concerne la mémorabilité : seuls 35 % des salariés (29 % chez les moins de 30 ans) déclarent se souvenir d’un événement marquant organisé par leur entreprise. Pourtant, 76 % participent à ces événements quand ils sont proposés. Le problème n’est donc pas la participation, mais ce qui reste après. Sur ce point, l’étude est nette : les moments de partage entre collègues sont jugés bien plus mémorables (24 %) que les expériences uniques ou de luxe (5 %). Un budget plus confortable ou un lieu spectaculaire ne suffit pas à faire un événement marquant si le moment de connexion humaine n’est pas au centre du format.
Les attentes diffèrent selon l’âge et le statut
L’étude montre aussi que « l’événement d’entreprise » n’a pas la même fonction pour tout le monde. Pour les moins de 30 ans, la priorité est claire : 85 % attendent avant tout que ces moments créent du lien entre collègues, et 64 % veulent qu’ils contribuent à leur bien-être mental — alors que seuls 14 % des répondants ont déjà participé à ce type d’événement dans leur entreprise. Les cadres, eux, associent majoritairement (66 %) ces événements à la fidélisation ; les non-cadres (75 %) y voient plutôt un moyen de valorisation de leurs efforts. Autrement dit, un même format d’événement ne répond pas aux mêmes attentes selon le public visé — ce qui rejoint directement la question du cadrage (objectifs, public ciblé) déjà identifiée comme première étape dans notre guide sur l’organisation d’un événement professionnel.
Des attentes encore mal couvertes
Deux écarts ressortent nettement de l’étude. D’abord, les femmes plaident beaucoup plus fortement (67 %, contre 29 % en moyenne) pour des événements mieux articulés avec leurs horaires de travail — un point de logistique à part entière, qui a un impact direct sur qui peut réellement participer. Ensuite, les activités « bien-être » (musicothérapie, cocons de sieste…) intéressent 30 % des répondants, mais restent rares dans la pratique. Les événements solidaires (bénévolat) recueillent 23 % des suffrages, et jusqu’à 32 % chez les cadres — un format encore peu exploité par rapport à l’intérêt qu’il suscite.
Ce que cela change concrètement pour l’AD qui organise
Ces résultats donnent des points d’attention concrets à intégrer dès le cadrage de l’événement :
Poser explicitement la question « pour qui, et pour quoi » avant de choisir un format — un séminaire pensé pour fidéliser des cadres ne répondra pas aux mêmes attentes qu’un moment pensé pour créer du lien entre jeunes recrues.
Prévoir des formats plus modestes et conviviaux (cafés, ateliers pratiques) en complément des grands temps forts annuels, plutôt que de miser uniquement sur l’un ou l’autre.
Vérifier que les horaires et le format de l’événement n’excluent pas de fait une partie des participants, en particulier sur les contraintes horaires.
Envisager, même ponctuellement, des formats bien-être ou solidaires — deux catégories que les salariés réclament mais rencontrent rarement.
Mesurer, après l’événement, pas seulement la satisfaction immédiate mais ce qui en reste réellement dans le temps — la mémorabilité étant, d’après cette étude, un angle mort fréquent.
Sources
GPO Magazine, « Événements d’entreprise : 48% des salariés les souhaitent plus humains », citant l’étude REJOLT / Peclers Paris (panel de plus de 500 salariés), publié le 26/09/2025 — https://www.gpomag.fr/evenements-dentreprise-48-des-salaries-les-souhaitent-plus-humains/

