Pourquoi progresser en anglais reste un enjeu de carrière pour les assistant·es de direction

Pourquoi progresser en anglais reste un enjeu de carrière pour les assistant·es de direction

Le baromètre 2025 du Cercle des Langues, publié en octobre 2025, dresse un constat frappant sur le rapport des Français à l’anglais : 78,1 % d’entre eux déclarent avoir déjà renoncé à s’exprimer en anglais par peur du regard des autres, dont 39,4 % souvent. L’aisance orale moyenne auto-évaluée n’est que de 4,8 sur 10. Pour l’assistant·e de direction, dont le poste est structurellement tourné vers l’oral — accueil, téléphone, interface avec des interlocuteurs variés — ce blocage n’est pas un détail personnel : c’est un point qui touche directement l’exercice quotidien du métier.

Un blocage psychologique, pas un manque de compétence

Le baromètre est clair sur ce point : la plupart des Français comprennent l’anglais écrit ou parlé, mais n’osent pas le pratiquer à l’oral. Ce n’est pas un problème de niveau, mais de confiance : 43,2 % considèrent leur accent français comme un frein, dont 9,5 % comme un « vrai frein », contre seulement 10 % qui y voient un atout. Ce chiffre est révélateur d’un rapport culturel spécifique à l’erreur — François Fourmentin, CEO du Cercle des Langues, le résume ainsi : « On n’apprend pas à parler une langue, on apprend à oser la parler. » Pour un poste où l’anglais s’exerce essentiellement à l’oral (téléphone, accueil de visiteurs, réunions), ce blocage psychologique pèse plus lourd que pour un poste où l’anglais reste cantonné à l’écrit.

Pourquoi c’est un enjeu spécifique pour l’AD

Plusieurs éléments déjà identifiés sur les fiches métier de l’assistanat convergent vers ce même constat. Selon Onisep, l’anglais est exigé dans 85 % des postes d’accueil et de standard — deux fonctions qui recoupent largement les missions courantes de l’assistant·e de direction. Pour l’assistant ADV, Robert Walters note qu' »une bonne pratique de l’anglais, voire d’autres langues étrangères, est de plus en plus demandée ». Pour l’assistant de gestion, l’APEC cite la « maîtrise de l’anglais parlé » parmi les compétences attendues. Et pour l’assistant services généraux, un bon niveau d’anglais est décrit comme « un atout de taille » dès que l’entreprise travaille avec des fournisseurs internationaux. Le point commun à toutes ces fonctions : l’anglais y est rarement cantonné à la lecture d’un email — il s’exerce en direct, au téléphone ou face à un interlocuteur, exactement le contexte que le baromètre identifie comme le plus anxiogène.

Un frein qui touche toutes les générations

Autre enseignement du baromètre : ce blocage ne se limite pas aux générations les plus âgées. Même les plus jeunes, pourtant très exposés à l’anglais au quotidien (79 % regardent des films ou séries en VO, 89 % écoutent des chansons en anglais, plus d’un sur deux utilise des plateformes ou réseaux sociaux en anglais), ne se sentent pas plus légitimes à le parler. L’exposition passive à la langue ne suffit donc pas à elle seule à débloquer la prise de parole — un constat à garder en tête si l’on pense qu’être « habitué » à l’anglais via internet suffit à être à l’aise à l’oral en contexte professionnel.

Ce qui peut aider concrètement

Le baromètre identifie les principaux freins à l’apprentissage : le manque de temps (30,1 %) et la peur du jugement (26 %) arrivent en tête, devant le coût des formations (21 %). Il note aussi un point encourageant : près de 9 Français sur 10 déclarent vouloir progresser en anglais, et plus de la moitié se disent prêts à mobiliser leur CPF ou à financer eux-mêmes une formation. Pour l’assistant·e de direction, mobiliser ce droit à la formation sur un axe aussi directement lié à l’employabilité et à l’évolution de poste (les intitulés « bilingue anglais » étant fréquents sur ce type de fonction) est un levier concret, à condition de choisir un format qui travaille spécifiquement la prise de parole plutôt que la seule compréhension déjà largement acquise.

Sources
Cercle des Langues, Baromètre 2025 sur le rapport des Français à l’anglais, publié en octobre 2025, citant François Fourmentin, CEO — https://www.cercledeslangues.com
Onisep, fiche métier « Hôte / Hôtesse d’accueil » (anglais exigé dans 85 % des postes d’accueil et de standard)
Robert Walters France, « Le métier d’assistant administration des ventes » et « Le métier d’assistant services généraux »
Apec, fiche métier « Assistant de gestion F/H »

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par Stéphane