Gérer une situation de crise en l’absence du dirigeant : jusqu’où aller

Gérer une situation de crise en l'absence du dirigeant jusqu'où aller

Le dirigeant est en vol, en congé ou en réunion à l’étranger. Un incident éclate : cyberattaque, accident, client majeur en colère, problème de sécurité. L’assistant de direction se retrouve souvent le premier au courant, et parfois le seul joignable.

Que faire, et surtout jusqu’où aller ?

La crise n’attend pas que tout le monde soit là

Les spécialistes de la gestion de crise le rappellent : une vraie crise survient rarement dans des conditions idéales. Le dirigeant peut être en déplacement, l’expert clé absent, un prestataire injoignable. C’est ce qui rend la préparation indispensable.

Ce cas n’est donc pas une exception. C’est un scénario à prévoir.

Ce que l’assistant peut faire

  • Alerter. Prévenir rapidement le dirigeant, puis les personnes prévues dans la chaîne d’alerte. Dans la plupart des organisations, le dirigeant prend d’abord la tête de la cellule de crise. Le joindre vite est donc la première mission.
  • Centraliser l’information. Une cellule de crise sert à centraliser les informations, valider les messages et coordonner les prises de parole. L’assistant est bien placé pour tenir une main courante : qui a été prévenu, à quelle heure, quelle décision, par qui.
  • Coordonner. Une cellule restreinte réunit en général direction, informatique, juridique, communication et RH. La coordination peut être assurée par une personne sans autorité hiérarchique sur les participants. Le rôle est plausible pour un assistant expérimenté, avec l’accord de la direction. Sans coordination, les dégâts dépassent souvent ceux de l’incident initial.
  • Relayer, pas inventer. L’assistant transmet les consignes validées aux équipes. Il ne rédige pas seul une réponse à la presse ou aux clients.

Ce que l’assistant ne doit pas faire

Décider à la place du dirigeant sur les sujets financiers, juridiques ou de réputation. Communiquer à l’extérieur sans validation. Improviser une réponse par crainte de « ne rien faire ». En cas de doute, la règle est simple : remonter l’information et proposer, sans trancher.

Se préparer avant que la crise arrive

Tout se joue en amont. Une organisation résiliente ne se contente pas d’un classeur intitulé « plan de crise ». Elle teste sa chaîne d’alerte et forme ses suppléants.

Quelques éléments concrets à préparer avec le dirigeant :

  • Une liste de contacts d’urgence, avec les numéros directs du dirigeant, de son suppléant, du juridique, de l’informatique et de la communication.
  • Une fiche réflexe d’une page : qui prévenir, dans quel ordre, quoi ne pas faire.
  • Une version hors ligne de ces documents. Les outils numériques peuvent eux-mêmes tomber en panne pendant une crise.
  • Un suppléant identifié pour chaque décision, avec des délégations écrites qui précisent ce que l’assistant peut valider seul.

Jusqu’où aller

La limite tient en une phrase : l’assistant coordonne, le décideur décide.

Tant que l’action relève de l’alerte, de la circulation de l’information et de la logistique, l’assistant est dans son rôle. Dès qu’elle engage l’entreprise sur le fond, elle revient au dirigeant ou à son suppléant. C’est précisément pour éviter d’avoir à trancher dans l’urgence qu’il faut définir cette frontière à froid.


Sources (consultées le 28/09/2026) :

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par Stéphane